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Un poids démographique croissant…
Selon les projections d’Eurostat, la proportion de la population âgée passera de 21,3 % en 2023 à près d’un tiers de la population européenne (32,5 %) d’ici à 2100. Celle du grand âge devrait plus que doubler, de 6 % en 2023 à 12,2 % en 2060, pour atteindre 15,3 % en 2100. Dans le même temps, la part d’actifs est attendue à la baisse. Le taux de dépendance des personnes âgées devrait presque doubler, passant de 33,4 % en 2023 à 59,7 % en 2100. Il y aura ainsi moins de deux personnes en âge de travailler pour chaque retraité, contre un peu moins de trois en 2020.
… et des besoins de soins de longue durée
Cette évolution entraînera une augmentation structurelle de la demande en matière de soins de longue durée, à savoir des services et des activités d’assistance pour les soins personnels et les tâches ménagères. En 2019, près de la moitié des personnes âgées de 65 ans ou plus étaient affectées par un handicap ou subissaient une limitation durable de leurs activités(1). La Commission européenne anticipe une hausse de 23,5 % des besoins de soins de longue durée en 2050, qui concerneront plus de 38 millions d’Européens
Bon à savoir
La population âgée est la part des personnes âgées de 65 ans ou plus dans la population totale. Le grand âge est associé à des personnes de 80 ans et plus.
Source : OCDE
Le taux de dépendance économique des personnes âgées (ou « taux de dépendance vieillesse ») correspond au ratio entre la population de 65 ans ou plus et la population âgée de 20 ans à 64 ans. Il est exprimé pour 100 personnes en âge de travailler.
Source : Eurosta
Un revenu de retraite amélioré par la capitalisation
En Allemagne, aux Pays-Bas et au Luxembourg, les besoins d’aide pour accomplir les activités de la vie quotidienne des personnes les plus dépendantes sont couverts par une assurance dépendance obligatoire, financée par des cotisations sociales réparties entre l’employeur et le salarié.
Dans les pays nordiques (Norvège, Suède, Danemark et Finlande), les soins de longue durée sont pris en charge au sein d’un système d’assistance universel financé par l’impôt, comprenant les services de santé et sociaux. Les services de soins à domicile y sont très développés.
Les pays de tradition plus familialiste, dans le sud — I ’Italie en particulier — et l’est de l’Europe, comptent principalement sur la solidarité intergénérationnelle. Une allocation forfaitaire aide à la prise en charge des personnes âgées dépendantes par la famille ou au recrutement d’une auxiliaire de vie. Les dispositifs publics sont plus marginaux.
En France, la prise en charge de la dépendance combine le recours au système de santé à des prestations spécifiques — notamment l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) — financées en grande partie par l’impôt et l’assurance sociale. En complément, face à un reste à charge souvent élevé, la préparation d’une épargne individuelle à l’aide d’un produit de capitalisation, tel que le contrat d’assurance vie, s’avère indispensable.
En France, une nouvelle priorité au maintien à domicile pour bâtir la société du bien-vieillir.
Avec 21 % des personnes de plus de 85 ans en EHPAD (établissement d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes), la France affiche l’un des plus forts taux d’institutionnalisation en Europe(2). Le coût mensuel moyen d’un séjour dans un EHPAD français est aussi l’un des plus élevés, évalué à 2 908 euros, lorsque le montant moyen de la retraite est de l’ordre de 1 500 euros nets par mois(3). Divers sondages démontrent par ailleurs le souhait des personnes âgées de rester chez elles le plus longtemps possible.
À l’appui d’expériences de pays voisins, d’Europe du Nord en particulier, la France s’est donc engagée dans un virage domiciliaire, en faisant du « bien-vieillir » (ou « vieillissement en bonne santé ») un objectif qui a donné naissance à la loi du 8 avril 2024. Elle comprend des mesures pour prévenir la perte d’autonomie et en faveur des aides à domicile accompagnant les personnes âgées, dont la délivrance d’une carte professionnelle.
(1) « L’Europe du Nord, championne du bien-vieillir », institut Jacques Delors — Policy Paper n°284, novembre 2022.
(2) Rapport d’information « Bien vieillir chez soi : c’est possible aussi ! », commission des affaires sociales du Sénat, déposé le 17 mars 2021.
(3) Sur la base du prix journalier moyen d’une chambre de 95,6 euros en 2023 pour une personne non bénéficiaire de l’aide sociale à l’hébergement (ASH). Source : Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).
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