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24

Juillet

2023

Comprendre les frais des OCP pour bien investir

Investir dans des Organismes de Placements Financiers (OPC) peuvent entraîner toute une série de frais qu’il faut connaître et bien comprendre pour investir en connaissance de cause. En la matière, la réglementation européenne prévoit de simplifier, à compter du 1er janvier 2023, les informations obligatoires fournies par les acteurs du marché.

OPC : des frais qui varient selon la nature et le support choisi

Comme pour tous les investissements dans des produits financiers, les organismes de placements collectifs (OPC) sont soumis à différents types de frais. Frais d’entrée et de sortie, frais courants, commission de surperformance, frais de courtage… Des coûts qui varient en fonction de la société de gestion, la banque, l’assureur ou le conseiller financier que vous aurez sélectionné. Et auxquels peuvent s’ajouter des frais spécifiques selon la nature de l’OPC choisi (fonds monétaires, actions, obligations, mixtes ou “autres”…) et en fonction du produit d’épargne support via lequel vous investissez (par exemple un Plan d’Épargne en Actions (PEA) ou un contrat d’assurance-vie multi-supports en unités de compte).

Bon à savoir : Sicav et FCP, les deux principaux types d’OPC en France

Les Sicav sont des Sociétés d’Investissement à Capital Variable : les particuliers deviennent actionnaires et participent à une assemblée générale au moins une fois par an. Les FCP sont des Fonds Communs de Placement : les détenteurs, copropriétaires de valeurs mobilières, sont des associés.

Tous les frais doivent être communiqués dans le document “DICI”

Depuis le le 3 janvier 2018, date de l’entrée en vigueur de la réglementation européenne «MIF 2», lorsqu’un épargnant bénéficie d’un conseil en investissement, le conseiller doit lui communiquer, de manière compréhensible, par écrit et suffisamment tôt, toutes les informations appropriées, concernant les frais liés à ce conseil et à ce placement. Les informations, présentées dans un document appelé DICI (document d’information clé pour l’investisseur), doivent permettre au client de connaître le coût total, ainsi que l’impact cumulé de ces frais sur la performance de l’investissement, en pourcentage (%) et en montant (euros).

Frais d’entrée et frais de sortie

Les frais d'entrée (ou commission de souscription) sont prélevés lorsque vous achetez une part de FCP ou une action de Sicav. Le prix de souscription de la part ou action correspond donc à la somme de la valeur liquidative de l'OPC et de la commission de souscription. Ces frais, qui peuvent être négociables, diminuent le montant de votre investissement initial.

Exemple : Vous achetez 50 parts d’un fonds, d’une valeur liquidative de 100 € (l’investissement total est de 5 000 €) avec des frais d’entrée de 2 %, soit 100 €. L’investissement initial est donc de 4 900 €.

De moins en moins courants, les frais de sortie (ou commission de rachat), également négociables, sont prélevés lorsque vous revendez vos parts ou vos actions d'OPC. Le prix de vente correspond donc à la valeur liquidative de l'OPC diminuée de la commission de rachat.

Exemple : Vous vendez 10 parts du fonds d’une valeur liquidative de 110 € (soit un montant global de 1 100 €), et les frais de sortie s’élèvent à 1 % : vous paierez 11 € de frais et percevrez donc 1 089 €.

Bon à savoir

La valeur liquidative d'un OPC représente la valeur de tous les actifs détenus dans le portefeuille de l'OPC, diminuée des dettes éventuelles. Pour la calculer, on divise la valeur globale de l'actif net de l'OPC par le nombre de ses parts ou actions.

Les frais d'entrée et de sortie sont généralement proportionnels au montant des souscriptions ou des rachats. Ils peuvent être plus rarement forfaitaires (montant fixe quel que soit le nombre de titres achetés ou revendus). Certains établissements prévoient un barème dégressif ou progressif en fonction du nombre de parts ou d’actions achetées, du montant des rachats, de la date de rachat ou de souscription.

Les frais courants et de fonctionnement

Les frais courants et de fonctionnement, prélevés par le fonds année après année, rémunèrent les services des gérants et de la société de gestion. Ils sont directement déduits du calcul de la valeur liquidative, qui est publiée nette de frais, et varient selon les sociétés de gestion et selon l’OPC. Selon les derniers chiffres de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), les frais annuels de l’ensemble des OPC français ouverts au public se sont globalement élevés à 1,26 % en 2019, en baisse par rapport à 2018 (1,35%).

Bon à savoir : Des frais de mouvement (ou frais de courtage) peuvent également être facturés, à l’occasion de chaque opération effectuée par la société de gestion sur le portefeuille de l’OPC.

La commission de surperformance

Une commission de surperformance peut également être prélevée. Elle permet de rémunérer la société de gestion lorsque le placement collectif a dépassé ses objectifs de performance préalablement fixés.

Des frais qui affectent lourdement la performance de l’investissement

Mis bout à bout, tous ces frais peuvent lourdement affecter la performance finale de votre investissement. En effet, d’après un rapport sénatorial, “les effets (des frais, NDLR) sur les rendements nets en absolu pour les épargnants sont très significatifs, et augmentent avec la durée de détention du produit (...) en dépit de la performance du fonds”. 
Ainsi sur 40 ans, 55% de la hausse de l'encours due à la valorisation d’un portefeuille est captée par les frais.

Où en est-on de la réglementation Priips ?

La réglementation PRIIPs (Packaged Retail Investment and Insurance Products) régule, depuis le début 2018, les Documents d'Informations Clés (DIC) relatifs aux produits d'investissement ou d’assurance dont la performance dépend, directement ou indirectement, partiellement ou totalement, des fluctuations du marché. Cette réglementation permet aux investisseurs particuliers de disposer d’informations suffisamment précises pour prendre des décisions en connaissance de cause. Une avancée remarquable.

Néanmoins, les DIC actuels présentent une surcharge d’informations, avec des données compliquées à déchiffrer et à interpréter par les épargnants. C’est pourquoi les instances européennes souhaitent améliorer les données fournies dans les DIC pour les rendre facilement compréhensibles. Elles demandent ainsi aux acteurs du secteur de mettre en œuvre des “mesures techniques de niveau 2” à compter du 1er janvier 2023.


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