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Grandes fortunes : l'immobilier reste l'actif refuge, Paris tient son rang

Pour sa vingtième édition, le Wealth Report de Knight Frank confirme l'expansion des très grandes fortunes et la primauté de la pierre. Paris conjugue résilience résidentielle et vitalité du luxe.
 

Pour sa vingtième édition, le Wealth Report de Knight Frank confirme une trajectoire : les grandes fortunes se multiplient, se déplacent et continuent de faire de l'immobilier leur actif de référence. Pour Paris, le millésime 2025 conjugue résilience du marché résidentiel et vitalité du luxe, dans un paysage mondial où la richesse se concentre et se réorganise.
 

Une population de très grandes fortunes en forte expansion
Le nombre d'individus disposant d'au moins 30 millions de dollars de patrimoine, les UHNWI, est passé de 551 400 en 2021 à 713 600 en 2026, soit une croissance annuelle de 5,3 %. Knight Frank anticipe 948 200 personnes en 2031, sur un rythme porté à 5,8 % par an. La répartition reste dominée par l'Amérique du Nord, qui concentre 37 % de cette population, devant l'Asie-Pacifique (30,7 %) et l'Europe (25,8 %).
 

La dynamique des prochaines années dessine une carte mouvante. La croissance mondiale des UHNWI atteindrait 32,9 % d'ici 2031, tirée par l'Amérique du Nord (+53 %) et le Moyen-Orient (+32,1 %). Parmi les dix pays les plus dynamiques figurent l'Indonésie, l'Arabie saoudite, la Pologne, le Vietnam ou encore Singapour, signe d'un basculement progressif vers de nouvelles géographies de la richesse. Cette mobilité se double d'une stratégie : les familles fortunées s'installent volontiers dans plusieurs pays pour accéder aux opportunités d'affaires, aux réseaux et aux talents.
 

L'immobilier prime, valeur de référence
Aux yeux de ces patrimoines, l'immobilier conserve son statut de valeur refuge, apprécié pour son caractère tangible et la tranquillité qu'il procure. L'indice PIRI 100, qui suit les prix du résidentiel haut de gamme dans une centaine de marchés, progresse de 3,2 % sur un an, porté par une accélération européenne et la surperformance des Alpes et des destinations de villégiature. La France affiche une hausse de 3,5 % sur ce segment en 2025.
 

Les stratégies se recentrent sur les fondamentaux structurels plutôt que conjoncturels. Dans un environnement de croissance des capitaux plus modérée, les investisseurs privilégient les actifs à la demande jugée inévitable : centres de données et énergie portés par l'intelligence artificielle, résidentiel adossé à la démographie, logistique soutenue par la résilience des chaînes d'approvisionnement. Au-delà de la pierre, le rapport suit aussi les actifs de passion : son indice du luxe recule de 0,4 % sur un an mais progresse de 2,2 % sur cinq ans, les montres et certaines catégories d'art ou de vin se distinguant. La sélectivité, les développements neufs et l'ultra-luxe expérientiel guident les arbitrages.
 

Paris, place forte du luxe et de la pierre
Le marché parisien fait preuve de résilience, avec une hausse des prix prime de 1,3 % en 2025. Sur près de vingt ans, de 2007 à 2025, Paris a vu ses prix progresser de 65,5 %, surperformant New York et Londres, même si Monaco, Zurich et Genève demeurent loin devant. La clientèle internationale représente 75 % des acquéreurs, portée par une poussée du Moyen-Orient, l'Arabie saoudite en tête, la constance des Américains attachés à un Paris authentique et un regain d'intérêt des fortunes chinoises.
 

Les Alpes confirment leur changement de paradigme, entre usage quatre saisons et résidence principale, Méribel (+9 %) et Courchevel (+6,9 %) signant les plus fortes hausses, quand Megève se replie légèrement. Le luxe parisien, enfin, garde son rang : trente boutiques ont ouvert dans la capitale en 2025, la joaillerie tirant la croissance, tandis que l'hôtellerie haut de gamme attire les capitaux privés français et étrangers, séduits par les hôtels quatre et cinq étoiles. 

 

Autant de signaux d'un marché où la rareté et l'emplacement priment plus que jamais. Le rapport s'attarde aussi sur les vignobles, autre actif tangible prisé des grandes fortunes : son indice mondial confirme la prime attachée aux terroirs rares, un hectare de Grand Cru bourguignon se négociant à des niveaux sans commune mesure avec les régions émergentes. Pour répartir le risque et accéder à de plus belles opportunités, ces investisseurs recourent volontiers au co-investissement entre pairs, mutualisant expertise et capitaux là où ils ne prendraient pas seuls l'initiative.
 


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